La distillerie
L'Histoire
Surplombant la vallée du Rhône, rive droite, se trouve un lieu-dit « Monteiller », en aval du village d’Icogne. Au croisement des bisses ancestraux, qui ont permis le miracle de la culture en acheminant l’eau des glaciers vers les prés des hommes et des bêtes, le domaine a vu le jour en 1953 grâce à Oscar Mayor. À l'origine, l'exploitation se concentrait sur la production de framboises, une culture phare qui a posé les bases de l'activité agricole.
Au fil des années, l'exploitation s'est diversifiée : en 1964, une structure de poules pondeuses a été ajoutée, suivie en 1977 par l'élevage de bœufs de la race d'Hérens. La deuxième génération, passionnée par la terre et les plantes médicinales, a orienté l’exploitation vers la culture bio de plantes médicinales, collaborant avec la Coopérative Valplantes pour livrer intégralement ses récoltes.
La Troisième Génération
Dans les années 2010, Guillaume, représentant de la troisième génération, rejoint l’équipe familiale et insuffle une nouvelle dynamique à l’exploitation. Animé par une profonde passion pour la terre et les plantes médicinales, il porte une vision ambitieuse : développer une activité de transformation à forte valeur ajoutée autour des plantes cultivées sur le domaine.
C’est dans cette perspective qu’il initie le projet de construction d’une distillerie d’huiles essentielles, marquant un tournant décisif dans l’histoire de l’exploitation. Ce choix stratégique ouvre une nouvelle phase, centrée sur la valorisation des plantes et leur transformation.
La première pierre du bâtiment est posée en 2014, et les premières distillations voient le jour en 2015, concrétisant ainsi ce projet innovant et structurant pour l’avenir de l’exploitation.
En 2020, Delphine rejoint l’entreprise et apporte une nouvelle dimension à son développement. Elle structure et professionnalise la gestion des ressources humaines, tout en accompagnant activement la création et le développement de nouveaux produits, renforçant ainsi la croissance et la diversification de l’activité de la distillerie.
Le processus de distillation
La distillation repose sur un procédé d’évaporation-condensation réalisé au moyen de l’alambic. Les plantes fraîches, en quantité de 200 à 300 kg, sont introduites dans une cuve en inox d’un volume de 1000 litres.
Durant toute l’opération, les plantes ne sont jamais en contact direct avec l’eau en ébullition. Celle-ci circule uniquement autour de la cuve, selon un principe de double paroi fonctionnant comme un bain-marie doux, respectueux de l’intégrité et des principes actifs des végétaux.
Seule la vapeur d’eau traverse la masse végétale. En se diffusant à travers les plantes, elle en extrait et entraîne les composés aromatiques et actifs volatils. Cette vapeur est ensuite refroidie et recondensée dans un système de refroidissement.
Le mélange obtenu est recueilli dans l’essencier, de type « vase florentin », où la séparation naturelle s’opère : l’hydrolat, phase aqueuse, se distingue de l’huile essentielle, plus légère, qui remonte et se concentre à la surface.
Ce processus, qui dure plusieurs heures, nécessite une surveillance constante des paramètres techniques tels que la température et la pression afin de garantir une distillation optimale.
Enfin, les résidus végétaux issus de la distillation sont valorisés : ils sont soit compostés et réintégrés aux cultures, soit utilisés comme combustible complémentaire pour alimenter la chaudière, dans une logique de circularité et de respect de l’environnement.